Repartir.

Je fais la fière mais je vous avouerai que j’ai un peu peur. Car ce n’est jamais facile de recommencer à zéro une nouvelle fois, et d’avoir l’impression de le faire pas mal de fois dans sa (courte) vie. Recommencer une nouvelle fois à la fin des études, recommencer une nouvelle fois dans une nouvelle ville, un nouveau pays, sur un nouveau continent. Ce n’est jamais facile et on a peur. Peur de ne pas trouver ses repères, de ne pas trouver nos marques. Peur d’être seule, peur de l’ennui, de la solitude. Peur de n’avoir que pour me réconforter ma peluche fétiche. Peur de la distance et de la vie qui continue sans nous en France. Peur des premiers jours d’adaptation. Mais c’est aussi beaucoup d’excitation. C’est la découverte d’un nouveau pays, d’une nouvelle langue, d’un nouveau continent. C’est pour le coup, être vraiment à l’autre bout du monde. Ce sont des heures interminables (c’est le cas de le dire) en avion et un mode de vie complètement diffèrent, diffèrent du notre et de ceux qu’on a pu toucher du bout des doigts avant. C’est le premier pas dans la cour des grands. Un vrai travail comme on en rêvait, un travail dans le domaine qu’on voulait. C’est une confiance qu’on nous donne, une confiance qu’on a gagnée. C’est ne plus être une étudiante, c’est sortir de notre zone de confort, c’est sortir du cocon qu’on s’est crée. C’est dépasser les limites en y laissant quelques larmes, en émettant quelques doutes. C’est se lancer, avec appréhension et excitation. C’est se lancer pour une nouvelle vie. Se lancer dans quelque chose que l’on ne connaît pas vraiment. C’est sourire à l’inconnu et se dire que l’inconnu ne le sera plus tant que ça dans quelques mois. C’est entendre déjà tout le monde me parler de vacances, de venir me voir. Ce sont ces amis qui sont vraiment heureux pour nous. Parce que la persévérance a payé, parce que seulement 5 mois après le diplôme, on va encore s’envoler à un autre endroit de la planète, faire ce pourquoi on a arpenté les bancs de l’école, faire ce que l’on aime. Ce sont aussi ces visages d’amis, de la famille un peu inquiets, un peu tristes parce que c’est un peu loin quand même, parce que les vies vont continuer sur un faisceau horaire diffèrent, parce que les évènements vont s’enchainer sans qu’on puisse être là pour célébrer, sans qu’on puisse pleurer, aimer, rire avec eux. Ce sont les sms remplis de je ne veux pas que tu partes, les larmes des plus petits qui ont peur parce qu’un an ou deux, ça parait long, très long. C’est consoler, rassurer. Se rassurer soi-même aussi, se consoler. Ce sont les larmes des au revoir, ce sont les yeux humides de l’aéroport. Mais c’est aussi dans un regard, se promettre qu’on se souviendra, qu’on sera toujours là. Parce que le monde est petit, parce que le monde est à portée de main, à portée d’un voyage, d’un email, d’un skype, d’un whatsapp, de facebook, de twitter, et de tous ces réseaux sociaux et moyens de communications qui nous permettent d’être proche en étant si loin.

Il y a des avions qui décollent pour ici, là-bas, ailleurs. Et il y a quelques jours, il y avait cet avion qui décollait avec moi à son bord, pour quelques temps, quelques mois, pour une année ou un peu plus. Dans ce pays, sur ce continent que je ne connais pas (encore).
L’Asie, le Cambodge plus précisement.

Bientôt mes premières impressions, en attendant bons baisers de Phnom Penh !

46 réflexions sur “Repartir.

  1. Je viens de découvrir ton blog et j’ai hâte de découvrir le Cambodge à travers ton blog ! En attendant, bon courage pour ces premiers temps d’adaptation… & bravo pour ton texte, c’est très touchant

    • Merci pour le compliment, je suis touchée. Déjà deux semaines et l’adaptation se fait pas à pas 🙂 J’espere que mes impressions du Cambodge te plairont, il faudra juste patienter encore un peu 😉

  2. Partir fait toujours peur. Refaire sa vie à zéro aussi. Se construire de nouveaux repères est le plus difficiles mais le plus épanouissant. Et puis le Cambodge, tu verras, c’est un pays magnifique avec des gens si chaleureux… 🙂

    • J’ai hâte hâte de découvrir ce (si beau) pays, et je te rejoins pour les gens chaleureux. Ça fait peur mais on en ressort tellement plus grand, je suis bien d’accord. (je garde tes articles précieusement pour mes futures aventures cambodgiennes)

  3. Un bel article. Et tu sais je me dis que tu as de la chance de pouvoir faire ça, et surtout d’avoir le courage de le faire. Ce sont toujours de bonnes expériences et puis ça te permet de découvrir le monde =)

    Gros bisous ma Faby ❤ J'espère que tout se passe bien pour toi, on se tient au courant.

    • Je n’aime pas trop parler de courage parce que je ne me trouve pas plus courageuse qu’un(e) autre, mais pour découvrir le monde, tu sais que je dis oui oui et oui 🙂

      Evidemment qu’on se tient au courant ❤

    • Il y a toujours des jours sans, ils prennent justement une (petite) ampleur différente quand on est loin 😉 Mais je compte bien en profiter pleinement ! Merci pour ton commentaire 🙂

  4. #fabienneadorée!!!! J’ai hâte de lire tes prochaines aventures ! Et il faut que tu me guides pour whatsapp, j’ai installé l’appli 🙂

  5. je suis sure que tu vas faire plein de belles expériences là bas, que tu vas construire un peu de ta personnalité, après tout c’est c’est comme ça qu’on grandit, et tu vas nous en mettre plein la vue avec tout plein de belles photos, j’en suis certaine

  6. Je viens de passer deux mois au Cambodge et tu vas voir c’est un pays magnifique et les gens sont très gentils. J’ai fait pas mal d’articles sur mon blog si tu veux aller y faire un tour.
    Belle journée à toi

  7. Waouh, et quel changement ! J’ai pas mal voyagé/déménagé dans ma vie, mais toujours dans des pays occidentaux… Je suis allée une fois au Vietnam et me rappelle avoir été frappée à quel point ça n’avait rien à voir. J’imagine que le Cambodge, à sa façon, doit dépayser tout autant.

    • J’ai déménagé dans des pays occidentaux, mais réside les mêmes incertitudes, ce même inconnu qui ne l’est plus après quelques mois. Mais il est vrai qu’on trouve au Cambodge (ou au Vietnam, j’imagine) une autre forme de dépaysement 🙂

  8. WAOUH superbe
    Je n’ai pas connu plus belle chose que le voyage
    Que ce soit dans mon pays en France ou ailleurs, c’est en partant de chez moi que j’étais la plus heureuse
    Alors, tu verras, ça va être chouette ! ❤

    • Je suis bien d’accord, voyager est vraiment quelque chose de beau, tant pour soi, que pour la découverte de l’autre, sa culture. Et merci pour tes mots encourageants (et ta fidélité !) 🙂

    • Ce n’est jamais facile de tout quitter pour tout recommencer. Même si j’ai la bougeotte et que j’aime rompre avec la routine, j’aime aussi faire des projets et m’installer un temps soit peu.

  9. Mais c’est absolument génial ! Je suis vachement contente que tu aies atterri sur mon blog – je sais pas comment – parce que du coup je découvre le tiens et BIM favoris direct.

    • Le hasard d’Hellocoton fait parfois bien les choses 🙂 Ton blog a aussi été ajouté dans mes favoris (et celui des amoureux à plus de 10 000 km aussi), j’ai hâte de voir la suite 🙂

  10. & Bien je te souhaite tout le meilleur évidemment !
    Je sais ce que c’est, un petit peu, même si moi je n’ai pas quitté la France, mais je suis partie du nord au sud, sans plus personne, dans une nouvelle école, l’impression de devoir tout refaire, & puis au final, tout roule, c’est génial, & je ne regrette pas mon choix. Alors il n’y a pas de raison que ce ne soit pas pareil pour toi 🙂
    ENJOY!!!!

    • C’est très gentil. Je te souhaite évidemment la même chose. Je ne regrette pas non plus. De toute façon, je n’y serais pas allée si je ne le « sentais pas ». Mais faut se lancer et je crois que c’est l’étape la plus difficile, fermer la porte à ce qu’on connait pour l’ouvrir à l’inconnu.

      • Un jour, je suis sure tu l’apprivoiseras cette peur et tu iras le découvrir le monde, ton monde. C’est tout le bien que je te souhaite ❤

  11. Il est vrai qu’on se fait mal en quittant nos proches après le diplôme. C’est le fait de ne pas les voir quotidiennement qui nous fait le plus peur. De plus, vivre ailleurs, dans un endroit inconnu sera encore plus difficile et de plus devoir côtoyer des parfaits étrangers. Mais il faut quand même voir la vie du bon côté. Repartir est surtout un avantage pour mieux grandir, pour mieux murir et découvrir des expériences pour nous forger dans la vie.

  12. Génial! A mon retour d’Australie c’est un peu ce que j’espère trouver: un vrai travail, dans le domaine de mon choix, quitte à vivre de l’autre côté de la planète. C’est peut-être même mieux comme ça d’ailleurs!
    Tu as étudié quoi exactement? 🙂

    Profite bien de ton expérience au Cambodge! ❤

    • Je suis dans le milieu du développement international/droit international pour rester assez général. Je ne sais pas si c’est le travail de mes rêves (je ne sais même pas si je sais ce que c’est mon travail idéal) mais je tâtonne et les envies, les projets se dessinent et c’est le but, avancer 😉 Où es-tu en Australie ? en PVT ?

      • Ce sera toujours une expérience enrichissante, même si tu te rends compte que ce n’est pas exactement ce que tu veux. Mais je comprends ton sentiment, moi-même je réfléchis beaucoup à ce que je veux faire dernièrement et je ne parviens pas à trouver une réponse concrète…
        Oui je suis en PVT, je suis à Melbourne en ce moment. 🙂

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