Qu’on n’oublie pas (de s’aimer surtout).

Sans titre 5J’écris pour cette gamine que j’étais et que je suis encore, qui se bat envers et contre tout, et surtout les injustices. Depuis longtemps, depuis toute petite. Argumenter, ne pas comprendre pourquoi devrait-on être traité différemment. Vouloir en faire son métier, vouloir défendre tout et son contraire. Chacun mérite d’être respecté dans son entièreté, dans sa personne, dans ses valeurs. Parce que c’est ce qui m’a été inculqué, parce que « non, ne regarde pas ce monsieur de travers », « non, tu n’as pas à avoir peur de sa couleur de peau », « non, son chapeau sur la tête et sa longue barbe ne fait pas de lui quelqu’un de diffèrent ». Parce deux jambes, deux bras, deux yeux, une bouche, un nez, nous sommes les mêmes. J’écris aussi pour la défenderesse des droits de l’homme que je suis et serais. Parce que c’est l’essence même des mes études, l’essence même de mon métier, l’essence même de ce que j’ai aimé apprendre sur les bancs de l’école. L’essence même de celle que je suis.

Je pourrais vous faire un laïus sur la liberté au sens général, sur les libertés, sur la liberté d’expression. Vous dire comment grâce à elle, je peux tenir ce blog, et vous pouvez tenir le votre. Vous dire comment grâce à elle, on retrouve des dizaines de journaux différents dans nos kiosques, de tout bord, et des milliers de chaines d’informations aux quatre coins du monde. Vous dire comment des gens sont morts et meurent encore pour cette liberté. Vous dire comment des gens sont en prison pour voir dessiné, écrit, argumenté, débattu, partagé des idées. Je pourrais aussi vous parler de tous ces textes de lois, ces traités internationaux qui parlent de nos droits inaliénables. Tous ces textes que j’ai pu étudié, tous ces textes sur lesquels j’ai pu m’appuyer, tous ces textes que j’ai pu feuilleter, survoler. Tous ces textes dont j’ai pu m’imprégner. Vous citer la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, ou bien la Constitution française. Vous citer de grands auteurs ou des anonymes. Vous citer Charb ou Voltaire. Je pourrais aussi vous parler des nuances à apporter, de la liberté et de ses exceptions, du délit de blasphème qui n’existe pas en droit français, ou encore du droit à la satyre, du droit au rassemblement, à la liberté de culte.

Je pourrais aussi vous dire que je ne lisais pas Charlie Hebdo. Je le connaissais. Je me rappelais de la polémique, j’avais vu quelques dessins, me rappelaient de certains. Je pourrais vous dire que j’aurai été marché dimanche, j’aurais pris un avion et j’aurais même juste piétiné dans les rues, pas tant que ça pour Charlie Hebdo – même si, que des hommes et des femmes, des dessinateurs, des policiers, des anonymes aient du y laisser leurs vies, me fait un mal de chien et me donne envie de vomir – mais pour l’esprit de Charlie Hebdo comme l’explique ceux qui ont repris doucement mais surement, et avec brio, le flambeau. Pour la liberté, pour les libertés, pour la liberté d’expression. J’aurai levé le poing et j’aurai été surement vulgaire aussi, contre ces gens qui font des amalgames, de la récupération politique, font preuve de racisme ou font de la pub sur ces évènements difficiles. Vous dire aussi que j’aimerais me rattraper, faire le plein de culture, de journaux, de livres, de débats. Je ne vais pas être naïve non plus, ce sera dur. Et j’ai noté la présence de chefs d’Etats et de gouvernements controversés dimanche, comme j’ai noté ce que peuvent ressentir les gars de Charlie, avec un soutien qui arrive trop tard, qui ne leur ressemble pas, ne ressemble pas au journal. Mais je ne retiendrais que ces quatre millions de français, d’anonymes battant le pavé, pour surement différentes raisons, mais qui étaient juste là, réunis. Punaise que j’étais fière. Punaise que c’était beau.

A l’heure, où les « Je suis Charlie » disparaissent, où les photos de profil redeviennent des photos de vacances, de sport d’hiver, de soirées entre amis. A l’heure où la vie reprend ses droits, et où le souffle n’est plus coupé, les yeux rivés sur les chaines et sites d’informations, j’aimerais qu’on n’oublie pas ceux qui luttent pour la liberté, en silence ou sur les devants de la scène, anonymes, chanteurs, poètes, écrivains ou dessinateurs. Qu’on n’oublie pas ces quatre millions et l’espoir.  Je ne retiendrai que l’espoir que cette marche m’a donné et l’envie de débattre toujours et encore, et de ne jamais se taire pour nos valeurs, nos idéaux, nos idées, qu’on soit d’accord ou non, se parler et s’aimer. « S’aimer à tort et à travers ». S’aimer jusqu’aux paillettes et aux papillons. Jusqu’aux larmes de joie. Envers et contre tout, contre la haine, la violence, l’injustice et la bêtise. S’aimer pour la liberté. S’aimer beaucoup, et s’aimer encore et toujours.

C’est fini.

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Il y a des histoires comme ça qui vous poussent à bout, au bout de tout, au bout de vous. Que vous portez à bout de bras, à bout de forces. Des histoires dans lesquelles on pense qu’on a tout donné et qu’on n’aurait pas pu donner plus, qu’on ne pourra jamais plus donner. Il est de ces histoires où on y croit dur comme fer « et si je mens je vais en enfer ». De ces histoires où on s’encastre dans un mur, jusqu’à se faire mal, jusqu’à se frapper la tête contre le mur histoire que ça rentre un peu plus, comme un peu ces pièces de puzzle qui ne sont pas à la bonne place mais sur lesquelles on force quand même. De ces histoires qui, comme un miroir brisé, laissent des fissures. Ces histoires où tout paraît simple avant que l’on s’emmêle, avant que l’on se malmène. De ces histoires dont on pense qu’on ne s’en remettra pas. Jamais.

Et puis, il y a un soir, sur les réseaux sociaux, au détour de quelques photos, dans ce genre de soirée où des fois on consulte son téléphone, un peu mécaniquement, quand la conversation nous intéresse plus trop ou qu’on a un peu perdu le fil parce que tout le monde parle en même temps, un peu fort, un peu de tout et de rien. On jette un coup d’œil à la vie là bas, de l’autre côté du monde, de l’autre côté de l’atlantique, et on comprend qu’il y a quelqu’un d’autre. Une autre fille dans sa vie. Il reste ce pincement au cœur, et un minuscule nœud à l’estomac et la vie ailleurs, ici, qui nous entraine, qui nous emmène. Les autres nous prennent par la main, allez une dernière danse, allez un dernier verre. On repose le téléphone et on repart dans ces conversations qui font rire aux éclats, dans ces conversations un peu trop captivantes qu’on oublie le temps, et l’espace. On se laisse enivrer et de l’autre côté du monde, on nous demande si ça va, parce qu’on a prévenu de ces photos, et en fait on a juste oublié.

J’ai oublié que souvent, avant, ça me coupait les jambes, le souffle. Oublié à quel point mon cœur se tordait à l’idée qu’une autre laisse se balader ses doigts sur son corps. J’ai oublié à quel point ça pouvait faire mal. Je n’ai pas oublié la douleur pourtant, la blessure a été trop profonde, trop intense, trop tout pour que je l’oublie mais je n’ai plus mal. C’est difficile de donner son cœur et se dire que peut-être, il nous reviendra brisé. Et je crois que c’est l’une des pires choses qui puissent nous arriver, sentir son cœur se briser en mille morceaux à l’intérieur de nous. On ne sait pas s’il faudra de la super glue ou du plâtre pour tout bien recoller. Et puis le temps. Et puis la vie.

Plusieurs fois, je me suis demandé combien de temps cela prenait pour réparer un cœur brisé et aujourd’hui, c’est fini. Je peux le dire, je peux l’écrire. Cela s’est imposé à moi comme un fait, un soir où je faisais défiler mon fil d’actualité. Je ne sais pas si tout est bien réparé, tout est bien recollé. Je sais qu’il me reste des souvenirs. De moments heureux, d’instants à refaire le monde, je ne retiendrai que cela. Le temps finira son œuvre et atténuera pour faire disparaître, l’amertume qu’ont laissé les derniers instants partagés, l’amertume de cette barque qui sombre, nous deux à son bord, sans rien pour nous accrocher même pas nos mains, pour nous accrocher l’un à l’autre.  

Il me reste pour lui, pour nous, pour ce que nous avons été, pour nos nuits éloignés, nos matins qu’on ignore et nos horizons qui ne se rencontreront plus, une immense tendresse, et je crois aussi que je suis reconnaissante. Reconnaissante de cette tendresse qu’il avait pour moi. Reconnaissante où ce soir un peu chafouin, il est juste venu pour me serrer dans ses bras. Reconnaissante où quand on se déchirait, il m’a délicatement déposé un baiser sur le front. Comme pour me dire que tout allait bien se passer, même si là tout de suite, c’était un petit peu plus difficile que d’habitude, que ça allait l’être encore pour quelques temps, mais que ça finirait par passer. Ma tristesse, mon amour pour lui, notre idéal que je m’étais construit. Comme s’il avait su le chemin à parcourir, les bosses sur la route, les égratignures sur les genoux avant aujourd’hui. Reconnaissante d’avoir su que je pouvais aimer à ce point et d’avoir appris à me relever même si je ne pensais pas que c’était possible.

 Va, vis, vole mon amour.

Les copains.

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Je crois que je ne suis pas facile à avoir comme amie.

Je m’accroche vite (trop vite) aux gens et du coup j’ai toujours besoin d’être rassurée et puis bon il m’arrive d’être un peu jalouse. Je suis aussi difficile quand il s’agit de nourriture alors des fois c’est un peu le casse-tête pour un grand repas mais je suis toujours de bonne volonté quand il faut gouter (enfin je crois). Je suis ce genre d’amie un peu téméraire quand même, qui sur un coup de tête propose de partir loin, au ski, à la mer, faire de l’escalade ou de la slackline. Mais entre ceux qui ont peur du vide et les pas très courageux, je crois que je me dois d’être téméraire pour tout le monde. Parce qu’ils ont été courageux quand je ne l’étais plus, et puis ça me plait plutôt bien, alors je monte sur la slack et tant pis si je tombe, c’est pas très haut de toute façon et puis au moins j’aurai essayé, et ça leur arrive de monter aussi, de me suivre et de faire même mieux que moi, d’aller au trois quart de la slack, ou alors de me dire qu’ils viendront me rejoindre à l’autre bout du monde. C’est aussi une des raisons pourquoi je ne suis pas une amie facile mais qu’ils sont des amis géniaux. Parce que je pars tout le temps, toujours, jamais vraiment au même endroit, toujours là où ça peut être un peu dangereux (et que si je m’écoutais, l’Irak ou l’Afghanistan, même pas peur et alors là, vous devriez voir leurs têtes). Parce qu’ils savent que c’est ma vocation, que c’est ma voie d’aller aider les autres, les plus démunis, ceux qu’on oublie parce qu’un peu trop loin de nous, dans des pays qui font un peu peur. Je ne suis pas une amie facile parce que quand je suis loin, je mets du temps à répondre aux emails, aux whatsapp, parce que je sais que je vais écrire 10 pages et qu’il faut que je trouve le temps et que des fois je me fais embarquer alors j’oublie le skype, les emails et ils s’inquiètent, ils s’énervent aussi. Des fois, ils me malmènent, me tirent les bretelles et jamais je ne leur en voudrais pour ça, parce que c’est ça aussi les amis, c’est nous mettre devant nos fautes, nos erreurs pour qu’on fasse mieux après, plus tard, pour eux pour nous. Ils me remontent les bretelles parce que ça va bien se passer là-bas de l’autre côté du monde, parce que des fois, je veux faire ce qui m’importe et aller là et que ça n’en saura pas autrement, sauf que je ne suis pas toute seule, ou aussi parce que des fois, je ne fais pas bien attention aux affaires. Je ne suis pas une amie parfaite parce que quand je me fais briser le cœur en général ce n’est pas à moitié alors il faut me ramasser à la petite cuillère pendant quelques temps, et ils sont toujours là, avec leurs mots gentils, à me dire que de toute façon c’était un imbécile de ne pas avoir su prendre soin de moi, que je ne dois pas être aussi dure avec moi-même, et que j’ai une volonté de fer. Des fois, je ne sais pas bien où elle se cache cette volonté alors je la cherche dans leurs yeux, dans leurs mots. Et tout de suite, mon petit cœur se met à sautiller, parce que j’arrive souvent à cette conclusion que j’ai les meilleurs amis du monde. J’ai des amis parfaits. Et j’aimerais être aussi parfaite pour eux qu’ils le sont pour moi.

J’ai des amis parfaits pour des tas de raisons, et je pourrai vous raconter des tas d’exemples, comme quand ils m’ont suivi en vacances parce que sinon je me serai effondrée, quand elle a décroché son téléphone alors que j’étais en larmes au petit matin sur un quai de gare, quand elle a souri aussi fort que moi si ce n’est plus, quand je lui ai appris que je repartais. Ou alors quand il a dit qu’il avait hâte de me voir. Ce sont ce genre d’amis qu’on appelle quand on se casse le pied pour nous emmener aux urgences, et ceux qui viennent vous chercher après votre opération des dents de sagesse. Ce sont ceux avec qui on organise le nouvel an et les anniversaires même si on sait qu’à chaque fois c’est un peu la galère mais que ça en vaut la peine. Ce sont ceux qui me lisent des fois par ici, le matin au bureau, le soir, entre deux pauses. Ce sont ceux avec qui on part en road trip aux Etats Unis et avec qui on en prévoit en Asie, ou en Amérique du Sud.

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Cet article c’est aussi parce qu’il y a eu ce weekend au bord d’un lac à la montagne (et ce dimanche pluvieux mais passé avec les copines et cette envie dingue d’aller faire de l’accrobranche sous la pluie battante, mais finalement juste s’asseoir sur un banc et refaire le monde) et que c’était juste un peu parfait. Alors je n’étais pas trop partante. C’est mon côté courageuse mais pas téméraire. J’avais peur de devoir faire de la randonnée, alors que tous les docteurs me l’ont interdit, j’avais peur d’avoir froid et je crois que j’avais peur d’être avec eux parce que la dernière fois, ça ne s’était pas très bien passé, alors j’avais une légère appréhension mais les copines m’ont un peu poussé « Mais tu sais pas quand tu les reverras » « et c’est pas si terrible que ça » et puis j’y suis allée, j’ai retrouvé les copains. On s’est tout de suite installer en terrasse pour boire un verre et parler de la vie qui passe, des nouveaux projets, des diplômes qu’ils ont enfin obtenu. On a trinqué à nous, au temps qui passe qui nous fait devenir des grands et on a regardé le foot, parce que la France allait se qualifier en huitième quand même. On est parti ensuite au bord de ce lac, j’avais empaqueté un short, un tee-shirt et mon maillot de bain. Et ce fut un merveilleux weekend.

Et puis il y a les rencontres sur twitter et de la blogosphère, ces filles, avec leurs gentils mots, qui des fois pansent l’âme, et les infèrieur trois qu’on envoie quand on est un peu chafouin. Il y a les tweets à base de « câlin » parce qu’on est un peu loin mais qu’on aimerait bien les prendre dans nos bras. Je ne pensais pas faire d’aussi belles rencontres. 

Mahé et moi – Atelier des jolies plumes #1

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Pourquoi, comment, je ne sais pas trop. Ça c’est un peu passé comme ça, comme quand on ne s’y attend pas. J’étais là, sur les quais, les pieds suspendus au dessus de la Seine, à ressasser le passé, quand Mahé est apparu. Il voulait un tire bouchon, je n’avais pas vraiment envie de parler, alors il s’est installé là, et il s’est mis à regarder l’horizon avec moi. J’ai tout de suite su que je ne serai plus jamais seule. Je ne connaissais rien de ce garçon, il ne connaissait rien de moi, et pourtant il avait décidé de laisser tomber ses amis et sa bouteille de vin pour regarder les péniches défiler sur la Seine avec moi. Il m’expliqua plus tard qu’il avait été touché par ma tristesse. Il avait planté tout le monde et était resté avec moi, peut être une heure, peut être plus, je ne sais pas bien. Je ne me rappelle plus l’enchainement des évènements. Je sais qu’il m’a pris la main, et que j’ai fini par sourire. Que j’ai tout de suite aimé son prénom et que je venais de laisser couler quelques larmes sur la porte de mon appartement que mon ancien amour venait de fermer sur nous. Je me souviens des cerises du marché et des touristes heureux, se bousculant, s’excusant, et qui en oublieraient presque le ciel parisien qui se pare de rose, et Notre Dame de jaune et d’ocre. Je ne me souviens plus bien de qui de nous deux dit le premier mot. Qui de nous deux mit des mots sur cet horizon que l’on avait trop longtemps fixé, à deux. Voilà maintenant, mes deux mots favoris : à deux. Parce qu’avec Mahé, je n’étais plus seule. Mahé c’est cette personne qui vous rend plus belle. C’est cette personne qui croit en vous plus fort que toutes les autres réunies, et qui vous porte de la seule force de son amour. Mahé, il croit en la beauté du monde et en celle de l’être humain. Pas une seule seconde Mahé n’a douté de son choix de rester près de moi ce soir là, et j’étais pourtant loin de me jeter dans la Seine, comme je l’en assurai par la suite. Je crois juste qu’il avait compris. Il avait compris la fissure dans mon cœur. Mahé, il avait compris que le temps est le seul allié et depuis il s’évertue à me promettre que tout passe, tout sans aucune exception. Ses bras sont devenus mon refuge quand le brouillard se fait trop épais, quand la barque fait naufrage. On croise beaucoup de personne dans sa vie pour n’en rencontrer que très peu. Je crois que Mahé est une de ces belles rencontres qui vous poussent vers le haut. Une de ces rencontres dont on ne sort pas indemne. Mahé m’a bousculé, touché, bouleversé. Il a appris à m’aimer dans mon entièreté, j’ai appris à aimer chacun de ses minuscules défauts, et ses fossettes au coin des joues. Un peu par hasard, un soir d’été, ma route a croisé celle d’un amoureux de la vie. Un peu par hasard, il est devenu le Mahé de Léa, et je suis devenue la Léa de Mahé. Comme un coup de tonnerre, comme la foudre, un peu par hasard.

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Première fiction (que j’ai eu beaucoup de mal a rédiger)(et je n’en suis pas encore tout à fait convaincue) dans le cadre de l’Atelier des jolies plumes (atelier d’écriture entre blogueur-ses, avec un thème différent tous les mois)

Si vous êtes intéressé-es, n’hésitez pas à nous glisser un petit mot par ici : latelierdesjoliesplumes@gmail.com

Les jolies plumes et leurs participations : Carnet positif – Envie de poésieI feel blueLizzie AustenMademoiselle CoquelicotMaman en devenir – Ma vie de bruneMiss BlemishRose doit s’épanouirTous ces gens dans ma têteXelou

Les souvenirs.

J’aime à penser qu’il y a un quota de larmes pour chaque histoire, et que pour cette histoire, il a été utilisé depuis bien longtemps déjà. Mais je ne crois pas que j’ai usé tous les souvenirs, et je me surprenais l’autre jour à me dire qu’il y a bien trop de souvenirs pour oublier. Parce que les souvenirs, c’est ce qui raccroche au passé, c’est cette main qu’on tend en arrière alors qu’on met un pied devant l’autre. Les souvenirs, ça rassure un peu mais je crois aussi surtout que ça empêche d’en faire des nouveaux, d’un peu plus beaux, d’un peu plus différents, d’un petit peu mieux aussi. C’est bête un souvenir finalement.

Et des souvenirs, il y en a beaucoup. Il y a ce collier qu’il nous a donné, « pour que tu te souviennes, c’est un cadeau ». Cette journée d’été où on a fini par se rejoindre et partager une glace, « Serveurs, deux cuillères, s’il vous plait ». Ces vêtements trop souvent portés devenus comme des reliques. Cette chemise qu’on a voulu voler parce qu’elle nous allait si bien et que c’était assez drôle, disons-le, de le voir partir à ce déjeuner avec ses parents, torse nu sous son manteau. Cette veste, bien trop souvent revêtue sur les épaules nues. Empruntée sous motif de pouvoir magique lors des révisions ou de matins un peu frais à la sortie de la couette. Il y a eu des discussions où on a refait le monde, trois heures du matin et aucune envie de dormir, on s’imagine déjà au dessus de l’océan indien s’en allant visiter la Thaïlande ou un peu plus près, la Bretagne parce qu’aucun des deux n’y a jamais mis les pieds. Des chansons aussi, qui à chaque fois qu’elles repasseront rappelleront différents moments comme celui du réveil après une courte nuit à s’être trop aimé, ou encore celles qu’on chantonnaient à deux, et qui à chaque fois nous feront nous demander ce que l’autre est devenu. Il y a les mots des copains, « Tu es différente avec lui », « Tu as de la chance de l’avoir », « Tu as vu comment il te regarde ». Il y a cette lettre bien cachée entre deux pages de ce livre un peu trop aimé, que l’on retrouve. Que l’on déplie mais dont on connaît déjà chaque mot, jusqu’à même la forme des lettres. Il y a cet ami commun à qui, entre deux bières, échappe un « tu as des nouvelles de ? » et s’arrête à temps, et qui se reprend à parler de la pluie et du beau temps, mais c’est trop tard, c’est une déferlante de souvenirs, et toute une histoire qui revient en mémoire, des particules du passé qui, doucement, nous chatouillent les joues. Il y a ces photos que l’on retrouve en voulant faire un peu de tri, photo de vacances, photos de voyages, 2011, 2013 et la photo qu’on ne sait pas bien où mettre, est ce qu’on peut mettre une histoire dans une case. Une photo qui crierait qu’ils se sont aimés l’espace d’un instant, et qu’à cet instant précis, ils y croyaient, il y croyait et c’est un peu l’essentiel. Il y a ces expressions qui lui appartenaient et qu’on lui a emprunté et qu’on se surprend encore aujourd’hui à employer et on se demande si lui aussi, ça lui arrive encore de les dire. Il y a des billets de train, ou une place de cinéma, des mots, des textes griffonnés à l’encre noir ou bleue. Il y a un quai de gare, des horaires de bus, celui de 21h06 le dimanche soir ou le texto de 22h34 pour nous demander de venir. Il y a les ex dont on parlait et les prétendants aussi, et se dire qu’au final, ils ont beau avoir croiser notre vie avant lui, pendant lui. C’était lui, (et ça l’a été pendant longtemps)(et même après) et personne d’autre. Peu importe le petit blond, ou le copain un peu trop complice. Au diable les autres. Il y a les soirées alcoolisées amenant les je t’aime lancés à la volée, que l’on garde précieusement, qui nous faisaient penser que c‘était possible, parce que c’était beau comme dans vraiment beau, et qu’on y croyait un peu, comme dans un peu beaucoup. C’était les projets fous, les promesses qu’on savait pas très réalisables.

Et puis, c’est ne plus vraiment le reconnaître sur une photo. Ne plus le reconnaître entre ses mots. C’est oublier la lettre qui est dans le livre, oublier le collier au fond du porte feuille ou de la boite en ébène posée sur l’etagère. C’est se laisser la possibilité des mains d’un autre sur soi, de découvrir une autre intimité. Se perdre dans d’autres bras, un instant, le temps d’une danse, d’une nuit, toute une vie. C’est se libérer de son emprise. Se libérer de l’emprise des souvenirs. C’est avancer sans plus trop se retourner.

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Un visage connu

Je suis tombé amoureux de toi alors que tes bras et tes jambes s’agitaient dans tous les sens sur une musique venue de je ne sais où, une musique des années 80 qu’on a tous entendu une fois à la radio lors des voyages sur l’autoroute de notre enfance. Tu ne faisais attention à rien ni à personne et encore moins à moi. Je ne sais pas si je peux dire que je suis tombé amoureux, je pense que cela s’est fait plus tard, je t’ai remarqué dirait-on. Il fallait que je trouve un moyen de t’aborder, tu avais dansé toute la soirée avec un jeune homme que je pensais être ton petit ami. C’est quand vous vous êtes dirigé vers la sortie, toi lui et tes amis, que je vous ai juste demandé si vous aviez appréciés cette soirée, enfin je me suis surtout adressé à toi. Tu as paru sur la défensive, et c’est moi qui y étais. J’avais peur de me râter, de nous râter. Mais quelques jours plus tard, on s’est reparlé, cette fois ci, de ton initiative. Et on ne s’est plus quitté, voilà comment j’aimerais résumer cette histoire.

Mais je crois que je dirai plus tôt qu’on s’est raté pas mal de fois dans cette histoire, on s’est même pas mal abîmé, égratigné, comme quand on se frotte trop près à un mur, quand on fait une chute sur le bitume, qu’on glisse à même le sol. On s’est un peu trop abimé, je t’ai un peu trop abîmé. Il y eu des moments heureux et je refuse que la fin résume le reste, je refuse que le mauvais remplace le bon, le beau. Je refuse que tes larmes remplacent ton sourire, et ce nœud dans le ventre ces caresses d’adolescents. Parsemées sur des corps vierges de toute souffrance, parsemées un peu par là, un peu beaucoup. Je refuse que le faux remplace le vrai, et que tout soit bâclé comme le furent nos derniers instants. Je refuse que cette histoire soit bâclée, parce que nous deux funambules n’avons pas réussi à tenir en équilibre sur ce fil, parce que je n’ai pas su comment t’aimer, et comment te rattraper sur ce fil un peu bancal.

Et c’est alors que je t’aperçois sur ce quai longeant le port, que je me rappelle cette période, cette histoire, tous ces mots tus alors qu’ils auraient dû être prononcés, ces bras que j’aurai dû ouvrir plus souvent, cette main que j’aurai dû tendre. C’est alors que je me dis que j’aurai dû prendre soin de toi comme il le fallait, comme la jeune fille que tu étais, le méritait. Tu précèdes un petit bout de chou pas plus haut que trois pommes, ses chaussures à la main, à coup de « trésor ». Ton trésor. Ce fils d’un autre. Ton fils. Il s’appelle Martin ou peut-être, Gabin. Tu as surement dû lui apprendre que le cœur d’une femme, ça se respecte, ça se mérite, ça se cajole. Tu as surement dû lui dire que le cœur d’une femme c’est un peu précieux et qu’il faut faire attention à ce qu’on fait avec, à ce qu’on dit. Ton sourire illumine ton visage, tu finis par l’attraper, un homme vous rejoint. Je ne le connais pas, je ne sais rien de lui, rien de vous, rien de ce petit être qui arbore, je suis sur, tes plus belles qualités, cette rage de vaincre et cette irrésistible envie de te battre contre tout, contre tous, contre la vie qui nous malmène un peu, contre les injustices.

C’est alors que j’aimerais te crier, te crier que je suis désolé. Désolé de t’avoir malmené. Désolé de ne pas avoir pris soin de toi comme il le fallait. Mais je ne suis plus qu’un étranger dans cette vie où tu me faisais une place de prince. Et tu n’es plus qu’un amour de jeunesse que j’ai laissé filer, heureusement ou malheureusement, la vie ne nous le dira pas. Un amour de jeunesse devenu femme. Il y a dix ans, on parlait de nos potentiels quinze enfants, et le premier est dans tes bras, cherchant ceux de son père. Tu as l’espace d’un instant recommencer à me manquer, et je suis l’espace d’un instant reparti quelques années auparavant, à ce même endroit, où tout allait prendre une tournure différente. Je n’y avais plus pensé depuis longtemps. Le passé, il ne faut pas trop le remuer et pourtant aujourd’hui te voir là sur le quai longeant ce port, les voiliers se faisant beaux, le soleil illuminant la baie, je me reprends le passé en pleine figure. Tu as arrêté d’écrire, j’ai arrêté de te manquer. On a grandit l’un sans l’autre, l’un avec l’autre sans doute aussi.

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La jolie Célie (que vous lisez sur Miss Blemish) nous parlait récemment de ces ateliers d’écriture où sur un thème imposé, elle devait écrire quelque chose, j’ai repris cette idée et donc le thème Te revoir pour ce texte , mais on a aussi eu cette idée, je vous laisse avec les mots de Célie donc « sur le même schéma que les groupes d’écriture mais, entre blogueurs/blogueuses et gratuitement : se donner un sujet et un certain temps pour composer un texte puis tout(e)s publier le fruit de l’inspiration du moment un même jour sur nos blogs respectifs. Les détails, modalités & cie sont encore à définir. » A vos commentaires, si cela vous intérèsse.

De l’autre côté de l’atlantique [Part I]

Malibu

Ca fait quelques temps déjà que je veux vous parler de cette année passée aux Etats Unis, mais je ne savais pas trop comment, et j’avais peur que ce soit un peu trop long et de ne pas savoir comment organiser mes souvenirs, et puis il y eu cet article de Proserpinne, et celui là un peu plus ancien de Jasmine, et je me suis dit que peut être, je pouvais essayer de mettre de l’ordre dans tout ça (vous m’excuserez si c’est pas tout à fait ça)(et puis je devais bien le faire, parce que déjà que j’arrive pas à trier les photos et à faire des albums)

C’est une année passée à l’étranger, à 9000 km de chez moi, de l’autre côté de l’atlantique, là bas où le soleil brille toute l’année, où quand on en entend parler, on pense palmiers, sable blanc, surfs et stars de cinéma. C’est bien de la Californie dont je veux vous parler (et pourtant ce n’était pas mon premier choix, je voulais le Mississipi, pour le campus, pour les cours) (donc vous devinerez que j’y suis partie en programme d’échange universitaire). A deux heures de Los Angeles, un peu moins peut-être, en tout cas tout proche de Santa Monica, 4h de Vegas et de San Francisco. Pas dans une grande ville non, pas dans une université comme UCLA, mais si je devais changer quelque chose, je ne changerai rien. Cette année ne fut pas parfaite car même à l’autre bout du monde il y a des hauts et des bas, et on pourrait même en imaginer encore plus, car on ajoute aux bobos quotidiens, et autres histoires, la distance avec les amis, et la famille, les évènements que l’on manque (mariage, divorce, naissance, anniversaires, diplômes) mais aussi le temps qui passe, les vies qui avancent sans nous. La distance, ce n’est pas franchement facile. Je crois que c’est l’une des premières questions que je me suis posée avant de partir, mais est ce que les enfants de la famille vont penser à moi quand je serais loin, est ce qu’ils vont me reconnaître quand je reviendrai, mais comment je ferais sans vous, sans ma maman en cas de petit bobos de corps et d’âme, et comment on fera pour se donner des nouvelles, mais je vais louper des trucs, mais vous allez plus m’aimer pareil. Et puis ma famille et mes amis m’ont rassuré. Ils ont été présent jusqu’au dernier moment, jusqu’aux lignes de sécurité, jusqu’aux dernières larmes et aux revoirs avant de disparaître dans la foule des voyageurs de Roissy, jusqu’aux derniers textos envoyer dans la salle d’embarquement pleins de je t’aime, je ne vous oublierai pas, de on se parle bientôt. Et 9h plus tard, j’atterrissais à San Francisco. Bientôt 4 ans et pourtant c’est comme si c’était hier et des fois, c’est comme si ça faisait 10ans.

San Francisco / Golden Gate

Septembre à juillet. Deux journées de cours la plupart du temps, des fois trois, et surtout pas mal de travail personnel (et des QCM). Les manuels scolaires qui coûtent super méga hyper cher. Mais aussi un système scolaire auquel on doit s’adapter. Et des fois, bien s’en sortir, même mieux que certains étudiants américains parce qu’on nous a appris à rédiger et qu’on fait un peu plus attention. Et parce que le par cœur ça nous connaît. Mais c’est aussi des fois avoir un dictionnaire en classe et réviser jusqu’à pas d’heure parce que pas de traitement de faveur, et qu’on veut bien faire. Et ce qui était bien, c’est que la BU fermait à minuit et après les salles de classe et les couloirs restaient ouverts alors, des fois entre copines (ou toute seule), on restait tard voir très tard pour cet exam qui nous faisait un peu peur. Je ne compte pas aussi le nombre de soirée qu’on a pu faire. Des soirées alcoolisées ou non, de celles où on croit que E.T s’est réincarné en bouche à incendie, ou de celles à discuter des heures en terrasse (parce que la Californie c’est un peu la classe pour ça aussi, il fait chaud toute l’année). Les évènements à l’américaine : un mariage, Thanksgiving qui je crois reste ma fête préférée (si je ne le fête pas tous les ans depuis, c’est un vrai petit drame pour moi), le Homecoming, le Superbowl, les playoff de basket et toutes ces fêtes que nous connaissons qui prennent une toute autre dimension : Noël et ses chants dans tous les magasins, sur toute la radio dès le 2 novembre, la St Valentin et des cartes pour tout le monde, de maman à papa, aux frères et sœurs, aux professeurs, aux voisins et même au chien, au chat et à la tortue (poisson rouge et tout ce que vous voulez). Et Halloween, avec les costumes et le Trick or Treat et même que nos potes se fichaient de nous, mais pour nous on est jamais trop grands pour aller frapper aux portes et c’était drôle, si vous saviez comment et ces maisons parfaitement décorés pour l’occasion. Mais Halloween, c’est aussi une fête sur le campus, être au mauvais endroit au mauvais moment, et le mauvais côté de la Californie et des Etats Unis qui ressort. Il y a eu tellement en un an que c’est dur de raconter, c’est dur comme quand on demande une fois rentrée, alors c’était comment. Comment vous résumerez un an de votre vie vous ? Comment résumez ces liens si forts qu’on a crée avec des gens venus des quatre coins du monde, qu’on est pas sur de revoir un jour et on ne sait même pas où. Ces gens en un an sont devenus une famille, des gens qui vivaient pour la plupart la même chose que moi. Ces gens à qui on s’attache vite et très fort parce qu’on sait qu’on a pas vraiment le temps de se poser trois mille questions, alors si on le sent, on fait confiance et on s’aime fort fort fort.

Los Angeles

C’est vivre à 300 à l’heure, se laisser guider par la folie, l’envie, la spontanéité et l’aventure.

C’est dur de résumer la vie sur un campus américain, alors oui tous les clichés sont vrais et en même temps pas tant que ça. Non tous les américains ne sont pas obèses, oui la plupart des étudiants travaillent en plus de leurs études, et non les basketteurs et cheerleaders ne sont pas super populaires, et oui il y a bien des fraternités et sororités. Et j’ai envie de revenir au gym parce que franchement c’est un peu trop cool de pouvoir y aller de nuit comme de jour pour courir, jouer au basketball entre amis (ce qui m’a valu une belle entorse, basketteuse professionnelle je passe mon tour), ou au badminton, et puis même qu’on peut faire de l’escalade, prendre des courses de danse et avoir un coach particulier (non mais je vous dit, le gym = le rêve = comment je n’ai pas pris de poids). C’est qui était plus ou moins cool par moment aussi c’etait de partager sa chambre de 20m2 avec quelqu’un et la salle de bain avec les filles de l’étage (mais elles étaient cool et propres), et de devoir aller au self. Ce qui était cool aussi, c’est que les gens ne font pas particulièrement attention à comment ils s’habillent alors va pour le pyjama pour aller faire les courses ou prendre le petit déjeuner, mais pour nous autres européens, ça paraît inconcevable (et je fais partie de ce lot, non je ne descendrais pas à la cafeteria en pyjama à carreaux) alors on avait des compliments sur notre tenue (et franchement faut avouer que c’est plutôt cool pour l’ego). Je pourrais aussi vous dire comment les prix changent entre les Etats Unis et la France (comme Starbucks ou une paire de Converse et que ça choque un peu quand on rentre) Et il y a eu des matchs de basket, de football, de volley aussi, et toujours des pompom girls et l’hymne américain à chaque fois.

Yosemite

Je pourrais encore vous dire pleins de choses comme le patriotisme américain (et surtout en classe de relations internationales), ou le fait qu’on reconnaissait les français à leurs chaussures, les français portent des espadrilles (et ils râlent aussi, beaucoup, trop),ou encore que c’est un peu déconcertant la première fois où on te demande comment tu vas à la caisse, et quand on te demande si à 20 ans, tu cherches déjà ton mari (parce que tu es un peu en retard tu comprends) Je ne sais pas trop si je vous raconte vraiment mon année mais quatre ans après, et puis un an à raconter, c’est beaucoup et cet article est déjà beaucoup trop long. (demain, ou lundi, je vous parle de voyage pendant cette année)

Malibu

Ps: Toutes les photos m’appartiennent ou aux copines (Merci les copines)(dans l’ordre : Venice Beach, San Francisco, Los Angeles, Yosemite et Malibu), prière de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

Tombée amoureuse.

OKAY John Green Nos etoiles contraires The fault in our starsJe crois qu’elle est tombée amoureuse de toi comme on trébuche sur une pierre, sans faire attention, sans faire exprès, sans le vouloir, sans vraiment rien demander. Un joli coup du destin, un mauvais coup de poker. Elle est tombée amoureuse de toi comme on tombe d’une chaise sans vraiment pouvoir se relever, comme une chute à ski dans laquelle on perd bâtons, bonnet, et skis. Tout en éclatant de rire. C’est comme ça qu’elle est tombée amoureuse de toi, d’un grand coup d’abord puis par petits coups, par à-coups. Toi derrière ton piano, toi gravissant cette montagne. Je crois qu’elle n’a pas trop fait attention au « pour la vie » qu’on accroche indécemment un peu partout, à la fin d’une phrase, d’un murmure, d’un soupir. Et qu’elle a un peu trop dessiner les recoins de ton corps du bout de ses doigts. Elle est tombée amoureuse comme ça, un peu trop vite, comme un saut en parachute sans parachute. Elle a heurté le sol comme tu as heurté son cœur. Elle est tombée amoureuse un peu chaque matin où elle te retenait pour un baiser ou une caresse de plus. Et aussi toutes ces fois, où tu lui as fait l’amour. Elle est tombée amoureuse un peu à chaque fois, un peu plus, jamais moins. Un peu simplement en fait, un peu par hasard, comme un imprévu, comme une averse un beau jour d’été. Elle est tombée amoureuse comme quand on roule à vélo sans les mains, ou qu’on va un peu trop vite sur les pistes de ski. Un peu comme ça, avec fougue et appréhension. Comme quand on dit qu’on y mettrait sa main à couper, et « croix de bois croix de fer si je mens, je vais en enfer ». En fait, elle est tombée amoureuse de toi un peu sans vraie raison, sans réelles explications. Juste parce que c’était toi. Juste parce que c’était elle. Et ça lui a suffit, parce qu’on s’en fiche un peu des pourquoi ou des comment, et encore plus des parce que.

Citation de John Green, Nos étoiles contraires (The fault in our stars)
« OK, a-t-il dit après une éternité. Et si « OK » était notre « toujours » ? – OK, ai-je répondu. »

Tourner la page.

Il y a eu ce garçon qui avec beaucoup de douceur, mais aussi de la fermeté, m’a dit qu’il fallait la tourner cette page. J’ai été touchée, mais aussi surprise. Que ça vienne de lui, qu’il n’y aille pas par quatre chemins. Il a raison, sept mois, c’est long, trop long. Mais comment on tourne la page ?

Est ce que c’est effacer ? oublier ? supprimer un numéro de téléphone ? ou un ami de facebook ? Qu’est ce qu’on fait des souvenirs et des éclats de rire ? Est ce que c’est ne plus se retourner et avancer droit devant jusqu’à trébucher une nouvelle fois ? On parle de temps, mais c’est combien ? Une semaine, un mois, six mois, un an, deux ans ? Ça prend combien de temps pour tourner la page ? Toute une vie des fois ou juste une autre personne. C’est ce que ça lui a pris, une autre personne. Ça m’a pris des kilos en moins, et des litres de larmes, des nœuds à l’estomac et des envies de vomir, et c’est pas encore tout à fait ça. On tourne la page à la mesure des sentiments qu’on a eu ou qu’on a encore. Si j’ai aimé fort, trop fort, il va falloir que je la déchire la page parce que sinon je ne vais pas y arriver ? Et si j’aime encore, est ce que je peux quand même tourner la page ? Et si je n’aimais plus, mais que le manque d’affection et de tendresse le rappelaient à moi ? Est ce qu’il faut vraiment couper tout contact, risquer de perdre définitivement quelqu’un ? Déchirer la page pour la tourner, ça ne me plait pas beaucoup à moi. A quoi bon si c’est pour s’essayer à la recoller une fois qu’on sera prêt. Il y a des pages tournées trop tôt pour l’un, trop tard pour l’autre. Sur la mienne, je crois qu’il y a ma main, pour m’empêcher de relire l’histoire encore et encore, et qui tremble un peu. On y trouve ce goût amer pour ce jamais qui s’est immiscé dans mon toujours, et ces nuits à chercher son corps dans mon lit.  Jusqu’au jour où je pourrai murmurer que tout est terminé, acceptant cette fin que j’aurai apprivoisé. Les souvenirs, ne seront plus que ça. Même le manque de lui aura disparu.

Alors je me suis promis de me le rappeler (et j’ai demandé à Twitter aussi de le faire) tous les jours, à chaque instant. Je m’en suis persuadée, persuadée que c’était la meilleure chose à faire. Pour moi, pour lui, pour ce nous qui une fois fut. Pour honorer ce qu’il est, ce que je suis, ce que j’ai été. Là où la folie n’a plus suffit, là où il reste encore un peu de ses rêves sur mon oreiller, et du rouge à lèvre au coin de sa bouche. Où il reste l’effleurement de ma main sur son torse, et celui de mes doigts dans ses cheveux. Honorer ce passé où nos rêves éveillés n’ont plus suffit, où deux étudiants se sont essoufflés à force de courir après ce je ne sais quoi, qu’ils n’ont pas trouvé.

Il est temps que mon cœur s’essouffle lui aussi, de cet amour un peu trop encombrant, qu’il se laisse bercé par les vents contraires, pour à nouveau trébucher et aimer.

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Ça ne se dit pas je t’aime trop.

Et ça ne se fait pas non plus. Et pourtant.
En ce moment, j’aime trop les pois, et les rayures, et les garçons un peu barbus et je peux écouter la même chanson en boucle pendant des semaines, et quand je crois à quelque chose, j’y crois jusqu’au bout. Je suis têtue, trop têtue et persévérante aussi, trop persévérante. Je suis beaucoup trop impatiente, j’aime faire tout et vite. J’ai horreur des salles d’attente, mais je trouve toujours le moyen d’être en retard (parce que j’aime pas attendre, cercle vicieux et tout et tout). Je vous ai aussi déjà dit à quel point j’aimais les cigales, et le thé mais aussi le raisin et les tomates cerises. Je pourrais vous dire que les compotes, c’est la vie, tout comme se glisser dans des draps propres, parce que tout devient un peu « la vie » avec moi, quand j’aime.

Et je crois que je l’ai trop aimé, vous savez quand ça vous prend aux tripes, avec le cœur qui bat la chamade et qui pourrait s’envoler. Un peu comme ça, oui. Et ce fut dur, surement à la hauteur de mes sentiments. J’ai aimé un peu trop, un peu plus, un peu différemment aussi. C’était simple, si simple que ca paraissait évident. Mais la vie a fait que ce n’était pas si évident que ça au final. J’ai aimé drôlement fort à en danser sous la pluie et à en sourire jusqu’à en avoir mal aux joues. J’ai aimé drôlement fort comme on n’aime pas beaucoup. Et c’est surement ce drôlement fort qui a été un peu casse gueule. C’est ce drôlement fort qui a fait qu’on s’est raté et qu’on est un peu aller au bout de nous. Ce drôlement fort qui pourrait te faire décrocher la lune et déplacer des montagnes. Peut être que j’ai aimé ce qu’il fallait à ce moment là. Je n’aurai pas pu aimer mieux, ou peut être que si, mais je ne savais sans doute pas comment. Je ne sais pas bien faire ça moi.  Je ne sais pas aimer bien, ou peu. Je sais trop aimer. Je sais aimer passionnément, parce que je suis une passionnée et une entêtée, et que du coup, on y a foncé droit dedans, dans ce mur, et j’ai même fini par m’y encastré. Parce que c’est un peu moi tout ça. Et c’est un peu fatigant de ne pas vraiment savoir aimer, de ne pas savoir aimer comme il faut, ou comme il faudrait.

Si j’en ai souffert d’avoir aimer aussi fort, et que je me suis surprise à me dire qu’on m’y reprendra plus, je crois que si c’était à refaire, je n’hésiterai pas. Parce que c’est à t’en coller des paillettes dans les yeux, et des papillons dans le ventre. Parce que c’est la vie puissance 1000. Parce que finalement c’est essayer, tâtonner, s’écorcher un peu mais apprendre. Ce fut brutal, violent, douloureux. Ca a fait mal, aussi fort que j’ai aimé. Mais, ce qui compte après tout, c’est de vivre, de ressentir, peu importe que ça fasse mal au final, peu importe qu’on se soit peut être trompé. On aura essayé, on aura aimé, et on aura été aimé, et c’est ça qui compte.

Il reste juste, des fois, un peu de ce vide qui picote, dans le creux du ventre, de cette absence.

je t'aime trop bras calin