Les copains.

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Je crois que je ne suis pas facile à avoir comme amie.

Je m’accroche vite (trop vite) aux gens et du coup j’ai toujours besoin d’être rassurée et puis bon il m’arrive d’être un peu jalouse. Je suis aussi difficile quand il s’agit de nourriture alors des fois c’est un peu le casse-tête pour un grand repas mais je suis toujours de bonne volonté quand il faut gouter (enfin je crois). Je suis ce genre d’amie un peu téméraire quand même, qui sur un coup de tête propose de partir loin, au ski, à la mer, faire de l’escalade ou de la slackline. Mais entre ceux qui ont peur du vide et les pas très courageux, je crois que je me dois d’être téméraire pour tout le monde. Parce qu’ils ont été courageux quand je ne l’étais plus, et puis ça me plait plutôt bien, alors je monte sur la slack et tant pis si je tombe, c’est pas très haut de toute façon et puis au moins j’aurai essayé, et ça leur arrive de monter aussi, de me suivre et de faire même mieux que moi, d’aller au trois quart de la slack, ou alors de me dire qu’ils viendront me rejoindre à l’autre bout du monde. C’est aussi une des raisons pourquoi je ne suis pas une amie facile mais qu’ils sont des amis géniaux. Parce que je pars tout le temps, toujours, jamais vraiment au même endroit, toujours là où ça peut être un peu dangereux (et que si je m’écoutais, l’Irak ou l’Afghanistan, même pas peur et alors là, vous devriez voir leurs têtes). Parce qu’ils savent que c’est ma vocation, que c’est ma voie d’aller aider les autres, les plus démunis, ceux qu’on oublie parce qu’un peu trop loin de nous, dans des pays qui font un peu peur. Je ne suis pas une amie facile parce que quand je suis loin, je mets du temps à répondre aux emails, aux whatsapp, parce que je sais que je vais écrire 10 pages et qu’il faut que je trouve le temps et que des fois je me fais embarquer alors j’oublie le skype, les emails et ils s’inquiètent, ils s’énervent aussi. Des fois, ils me malmènent, me tirent les bretelles et jamais je ne leur en voudrais pour ça, parce que c’est ça aussi les amis, c’est nous mettre devant nos fautes, nos erreurs pour qu’on fasse mieux après, plus tard, pour eux pour nous. Ils me remontent les bretelles parce que ça va bien se passer là-bas de l’autre côté du monde, parce que des fois, je veux faire ce qui m’importe et aller là et que ça n’en saura pas autrement, sauf que je ne suis pas toute seule, ou aussi parce que des fois, je ne fais pas bien attention aux affaires. Je ne suis pas une amie parfaite parce que quand je me fais briser le cœur en général ce n’est pas à moitié alors il faut me ramasser à la petite cuillère pendant quelques temps, et ils sont toujours là, avec leurs mots gentils, à me dire que de toute façon c’était un imbécile de ne pas avoir su prendre soin de moi, que je ne dois pas être aussi dure avec moi-même, et que j’ai une volonté de fer. Des fois, je ne sais pas bien où elle se cache cette volonté alors je la cherche dans leurs yeux, dans leurs mots. Et tout de suite, mon petit cœur se met à sautiller, parce que j’arrive souvent à cette conclusion que j’ai les meilleurs amis du monde. J’ai des amis parfaits. Et j’aimerais être aussi parfaite pour eux qu’ils le sont pour moi.

J’ai des amis parfaits pour des tas de raisons, et je pourrai vous raconter des tas d’exemples, comme quand ils m’ont suivi en vacances parce que sinon je me serai effondrée, quand elle a décroché son téléphone alors que j’étais en larmes au petit matin sur un quai de gare, quand elle a souri aussi fort que moi si ce n’est plus, quand je lui ai appris que je repartais. Ou alors quand il a dit qu’il avait hâte de me voir. Ce sont ce genre d’amis qu’on appelle quand on se casse le pied pour nous emmener aux urgences, et ceux qui viennent vous chercher après votre opération des dents de sagesse. Ce sont ceux avec qui on organise le nouvel an et les anniversaires même si on sait qu’à chaque fois c’est un peu la galère mais que ça en vaut la peine. Ce sont ceux qui me lisent des fois par ici, le matin au bureau, le soir, entre deux pauses. Ce sont ceux avec qui on part en road trip aux Etats Unis et avec qui on en prévoit en Asie, ou en Amérique du Sud.

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Cet article c’est aussi parce qu’il y a eu ce weekend au bord d’un lac à la montagne (et ce dimanche pluvieux mais passé avec les copines et cette envie dingue d’aller faire de l’accrobranche sous la pluie battante, mais finalement juste s’asseoir sur un banc et refaire le monde) et que c’était juste un peu parfait. Alors je n’étais pas trop partante. C’est mon côté courageuse mais pas téméraire. J’avais peur de devoir faire de la randonnée, alors que tous les docteurs me l’ont interdit, j’avais peur d’avoir froid et je crois que j’avais peur d’être avec eux parce que la dernière fois, ça ne s’était pas très bien passé, alors j’avais une légère appréhension mais les copines m’ont un peu poussé « Mais tu sais pas quand tu les reverras » « et c’est pas si terrible que ça » et puis j’y suis allée, j’ai retrouvé les copains. On s’est tout de suite installer en terrasse pour boire un verre et parler de la vie qui passe, des nouveaux projets, des diplômes qu’ils ont enfin obtenu. On a trinqué à nous, au temps qui passe qui nous fait devenir des grands et on a regardé le foot, parce que la France allait se qualifier en huitième quand même. On est parti ensuite au bord de ce lac, j’avais empaqueté un short, un tee-shirt et mon maillot de bain. Et ce fut un merveilleux weekend.

Et puis il y a les rencontres sur twitter et de la blogosphère, ces filles, avec leurs gentils mots, qui des fois pansent l’âme, et les infèrieur trois qu’on envoie quand on est un peu chafouin. Il y a les tweets à base de « câlin » parce qu’on est un peu loin mais qu’on aimerait bien les prendre dans nos bras. Je ne pensais pas faire d’aussi belles rencontres.