Mahé et moi – Atelier des jolies plumes #1

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Pourquoi, comment, je ne sais pas trop. Ça c’est un peu passé comme ça, comme quand on ne s’y attend pas. J’étais là, sur les quais, les pieds suspendus au dessus de la Seine, à ressasser le passé, quand Mahé est apparu. Il voulait un tire bouchon, je n’avais pas vraiment envie de parler, alors il s’est installé là, et il s’est mis à regarder l’horizon avec moi. J’ai tout de suite su que je ne serai plus jamais seule. Je ne connaissais rien de ce garçon, il ne connaissait rien de moi, et pourtant il avait décidé de laisser tomber ses amis et sa bouteille de vin pour regarder les péniches défiler sur la Seine avec moi. Il m’expliqua plus tard qu’il avait été touché par ma tristesse. Il avait planté tout le monde et était resté avec moi, peut être une heure, peut être plus, je ne sais pas bien. Je ne me rappelle plus l’enchainement des évènements. Je sais qu’il m’a pris la main, et que j’ai fini par sourire. Que j’ai tout de suite aimé son prénom et que je venais de laisser couler quelques larmes sur la porte de mon appartement que mon ancien amour venait de fermer sur nous. Je me souviens des cerises du marché et des touristes heureux, se bousculant, s’excusant, et qui en oublieraient presque le ciel parisien qui se pare de rose, et Notre Dame de jaune et d’ocre. Je ne me souviens plus bien de qui de nous deux dit le premier mot. Qui de nous deux mit des mots sur cet horizon que l’on avait trop longtemps fixé, à deux. Voilà maintenant, mes deux mots favoris : à deux. Parce qu’avec Mahé, je n’étais plus seule. Mahé c’est cette personne qui vous rend plus belle. C’est cette personne qui croit en vous plus fort que toutes les autres réunies, et qui vous porte de la seule force de son amour. Mahé, il croit en la beauté du monde et en celle de l’être humain. Pas une seule seconde Mahé n’a douté de son choix de rester près de moi ce soir là, et j’étais pourtant loin de me jeter dans la Seine, comme je l’en assurai par la suite. Je crois juste qu’il avait compris. Il avait compris la fissure dans mon cœur. Mahé, il avait compris que le temps est le seul allié et depuis il s’évertue à me promettre que tout passe, tout sans aucune exception. Ses bras sont devenus mon refuge quand le brouillard se fait trop épais, quand la barque fait naufrage. On croise beaucoup de personne dans sa vie pour n’en rencontrer que très peu. Je crois que Mahé est une de ces belles rencontres qui vous poussent vers le haut. Une de ces rencontres dont on ne sort pas indemne. Mahé m’a bousculé, touché, bouleversé. Il a appris à m’aimer dans mon entièreté, j’ai appris à aimer chacun de ses minuscules défauts, et ses fossettes au coin des joues. Un peu par hasard, un soir d’été, ma route a croisé celle d’un amoureux de la vie. Un peu par hasard, il est devenu le Mahé de Léa, et je suis devenue la Léa de Mahé. Comme un coup de tonnerre, comme la foudre, un peu par hasard.

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Première fiction (que j’ai eu beaucoup de mal a rédiger)(et je n’en suis pas encore tout à fait convaincue) dans le cadre de l’Atelier des jolies plumes (atelier d’écriture entre blogueur-ses, avec un thème différent tous les mois)

Si vous êtes intéressé-es, n’hésitez pas à nous glisser un petit mot par ici : latelierdesjoliesplumes@gmail.com

Les jolies plumes et leurs participations : Carnet positif – Envie de poésieI feel blueLizzie AustenMademoiselle CoquelicotMaman en devenir – Ma vie de bruneMiss BlemishRose doit s’épanouirTous ces gens dans ma têteXelou

Tombée amoureuse.

OKAY John Green Nos etoiles contraires The fault in our starsJe crois qu’elle est tombée amoureuse de toi comme on trébuche sur une pierre, sans faire attention, sans faire exprès, sans le vouloir, sans vraiment rien demander. Un joli coup du destin, un mauvais coup de poker. Elle est tombée amoureuse de toi comme on tombe d’une chaise sans vraiment pouvoir se relever, comme une chute à ski dans laquelle on perd bâtons, bonnet, et skis. Tout en éclatant de rire. C’est comme ça qu’elle est tombée amoureuse de toi, d’un grand coup d’abord puis par petits coups, par à-coups. Toi derrière ton piano, toi gravissant cette montagne. Je crois qu’elle n’a pas trop fait attention au « pour la vie » qu’on accroche indécemment un peu partout, à la fin d’une phrase, d’un murmure, d’un soupir. Et qu’elle a un peu trop dessiner les recoins de ton corps du bout de ses doigts. Elle est tombée amoureuse comme ça, un peu trop vite, comme un saut en parachute sans parachute. Elle a heurté le sol comme tu as heurté son cœur. Elle est tombée amoureuse un peu chaque matin où elle te retenait pour un baiser ou une caresse de plus. Et aussi toutes ces fois, où tu lui as fait l’amour. Elle est tombée amoureuse un peu à chaque fois, un peu plus, jamais moins. Un peu simplement en fait, un peu par hasard, comme un imprévu, comme une averse un beau jour d’été. Elle est tombée amoureuse comme quand on roule à vélo sans les mains, ou qu’on va un peu trop vite sur les pistes de ski. Un peu comme ça, avec fougue et appréhension. Comme quand on dit qu’on y mettrait sa main à couper, et « croix de bois croix de fer si je mens, je vais en enfer ». En fait, elle est tombée amoureuse de toi un peu sans vraie raison, sans réelles explications. Juste parce que c’était toi. Juste parce que c’était elle. Et ça lui a suffit, parce qu’on s’en fiche un peu des pourquoi ou des comment, et encore plus des parce que.

Citation de John Green, Nos étoiles contraires (The fault in our stars)
« OK, a-t-il dit après une éternité. Et si « OK » était notre « toujours » ? – OK, ai-je répondu. »

They were kids that I once knew

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Tu crois qu’on se dira quoi dans dix ans quand on se croisera ? Tu crois qu’on se reconnaitra ? Une petite tête blonde accrochée à ta main, une petite tête blonde cachée entre tes jambes. Tu seras papa. Alors peut être que je te demanderai son prénom, et puis son âge, peut être que j’immiscerai un sourire. Les mains accrochées à la poussette, tu me regarderas. Qui nous aurait imaginé comme ça ? Qu’est ce qu’on aura grandit ! On se promettra de se donner des nouvelles, d’aller prendre un verre, histoire de savoir ce que l’autre est devenu. Tu l’auras trouvé ta moitié, celle que tu cherchais toutes ces années. Mais on ne se rappellera pas, parce que le passé est mieux où il est, parce que le passé fait mal quelque fois. Il ne faut pas trop le remuer, il risquerait de nous éclabousser. Ta petite tête blonde commencera à s’impatienter, tandis que je bercerai la mienne dans sa poussette. Tu n’apercevras que quelques cheveux, tu penseras qu’elle a les même yeux que sa mère, ses yeux si bleus dans lesquels tu te perdais, il y a si longtemps. Ta petite tête blonde commencera à tirer sur ton pantalon, c’est qu’on n’est pas très patient à cet âge. Et je te reconnaitrai en elle. Elle aura ce sourire espiègle et cette façon que tu avais de froncer les sourcils, et cette peau brillante, une peau dorée comme la tienne l’était après quelques secondes au soleil. Ce sourire qui me donnera la sensation de te voir à son âge. On se promettra de s’appeler, et peut être qu’on ira le boire ce café, enfin tu te rappelleras que je ne bois que du thé, et on finira par prendre une bière en terrasse. Les terrasses qu’on a arpenté étant jeune, lieu de notre premier rendez-vous, lieu d’un dimanche soir d’après fête. On essayera de mettre des mots sur dix ans de vie. Tu me raconteras Montréal, je te raconterai Haïti. Tu me raconteras ton travail, je te raconterai mes missions. On se parlera du passé, de cette ville qui nous a vu nous aimer, puis nous déchirer. Je me rappellerai de toutes ces larmes versées d’y avoir trop cru. Tu te rappelleras notre perpétuelle incompréhension. On se rappellera du beau, après longtemps avoir ressasser le laid. On se rappellera de nous un court instant, puis on se racontera nos têtes blondes. Leurs prénoms, leurs premiers pas, leurs premiers jours d’écoles. Je te parlerai de mes craintes du futur, de l’avenir. Tu auras ses mots rassurants qui m’ont tant manqué pendant un temps, comme tu les as toujours eu. Tu me parleras de tes rêves, de tes passions, de ces weekends à la mer, de ces randonnées à la montagne. On évoquera nos amis communs, c’est qu’ils se comptent sur les doigts de la main. On parlera voyage, la tête dans les nuages. Tu me parleras de toi, un tout petit peu comme toujours quand on est ensemble, j’aurai réussi encore une fois à te faire parler, doucement, sincèrement. On prendra des nouvelles et il sera temps de se séparer. Un dernier au revoir, un dernier sourire, un dernier souvenir.

NB : Titre venant de Stars – Dead Hearts (BO du film Like crazy)